Seylech (Charles) Leuthard, Künstler des Lichts.

13.09.2018

66e commentaire, Brienz

Il y a encore ceci :

J’ai préparé de manière spontanée l’exposition „Temps dorés“ qui est en fait prévue pour décembre et je suis avec Franziska dans notre galerie à Brienz pour l’installer. Nous avancions rapidement lorsqu’une dame est entrée, elle voulait visiter cette exposition en cours d’installation.

Elle est de Berlin et c’est une collectionneuse d’art passionnée. Salvador Dali et Picasso l’ont tout particulièrement touchée. Elle possède certains de leurs originaux. Les tableaux d’or exposés dans la galerie l’ont attirée comme par magie.

Elle est enthousiaste. Elle est expérimentée en art. Elle a l’œil et une bonne intuition pour l’art. Nous avons une discussion animée et avec beaucoup d’entrain. De manière spontanée elle achète l’œuvre „Source“ – la plus récente de la série „Tableaux d’or“.

Rencontre formidable que je n’avais pas imaginé dans ce lieu.


31.07.2018

65e commentaire, Meiringen

Ce que je préfère, c’est d’écrire mon journal sur l’art dans un café avec un café et un gâteau, comme je le fais à l’instant.

En fait, cet été, je voulais peindre des tableaux de l’univers de grand format, cependant – comme si souvent – il en a été autrement. Des commandes de soleil de cristal, d’oeuvres de la nature et de sculptures pour les expositions à venir ont pris tout mon temps.

Un dimanche, j’ai fait une pause et, de manière spontanée, j’ai visité le Kunsthaus de Lucerne. Devant un exposant, j’ai eu une inspiration qui m’a tout de suite enchanté. L’oeuvre était grande, colorée et faite à la manière d’une mosaïque avec différents matériaux, mais de façon non professionnelle quant au travail et de caractère insipide dans son expression. Je me suis représenté quelque chose de semblable, grand, riche en matériaux et avec différents tons or, rempli de lumière et d’esprit. Une série de tableaux en or.

Hier, j’ai terminé le premier – voici le lien pour y accede: Système solaire I


31.07.2018

64e commentaire, Brienzwiler

Je vis de l’inspiration, de Dieu et de l’amour.

Mon art est consacré au soleil et à la vie.

Le silence qui règne ici dans l’atelier est inspirant et je peux créer d’une source inépuisable. Ce qui a toujours existé presse à s’exprimer en une forme physique  afin de devenir visible par l’œil humain.

Quant à moi, je me réjouis des œuvres que je ne connais pas encore et qui vont naître de mes mains.


28.06.2018

63e commentaire, Europa-Park Rust

Les sculptures russes sont ici fantastiques et m’animent de manière incroyable. Et quand l’inspiration pour écrire vient – comme à l’instant au milieu du bruit et des multiples possibilités qui se présentent ici à Europa-Park – alors je cherche une petite place tranquille pour mettre mes idées sur papier. Je ne sais que trop bien que l’inspiration peut être fugace et éphèmère.

David est venu vers moi avec l’idée de tourner de petits films sur mes créations comme par exemple sur “L’été jaune” ou sur “Corpus delicti” pour les publier sur Internet. Il ferait volontiers ce travail. Le travail qu’il vient de commencer semble prometteur. Je trouve cela super !

Tout va très bien pour moi dans l’atelier. Plusieurs oeuvres qui m’apportent une grande joie sont en train de voir le jour. Parmi elles, il y a deux sculptures avec des boules en bois pour lesquelles j’ai trouvé de l’ambre, un miroir avec un cadre grec, une image ronde avec des plumes de milan royal, une vieille porte ….


21.05.2018

62e commentaire, Rothenburg

Hier, j’ai peint le plus grand de mes tableaux de l’Univers (120 x 150) ainsi je concrétise maintenant mon idée de peindre des tableaux de l’Univers dans de grands formats bien que la place dont je dispose dans mon atelier ne me permet à peine de le faire. L’Univers semble gigantesque, alors un tableau le représentant doit aussi l’être.

Avec ma trottinette, je suis en route pour aller acheter de la peinture à l’huile. Il m’en faut beaucoup dans des tons de bleu si je veux déjà pouvoir commencer cet après-midi de peindre. Je n’ai presque plus de place, ni pour sécher, ni pour entreposer mes œuvres et je ne sais pas non plus si je vais les vendre. Ça m’est égal.

Je dois peindre.


21.04.2018

61e commentaire, Gruyères

Pour la seconde fois nous avons une exposition dans le village de Gruyères. En tout, il y a 20 oeuvres, des soleils en cristal, des sculptures, des huiles et des oeuvres de la nature.

Ici, c’est très agréable. Nous sommes prêts à faire des rencontres et à avoir des conversations, le tout accompagné de musique classique et d’un dessert : meringues avec de la double crème de Gruyères.

De belles mais aussi authtiques paroles. Les derniers mois ont cependant été pénibles. Je regrette de ne pas avoir assez de temps pour peindre des tableaux de l’univers. Cependant, je sais aussi que j’aurai assez de temps pendant les mois d’été. Le temps des espaces bleus et mystiques qui brillent à l’infini et sont remplis d’étoiles…


10.03.2018

60e commentaire, Brienzwiler

Hier, c’étaient noces à l’atelier. En d’autres termes le tableau à l’huile “Voyager” de la série des tableaux de l’univers a enfin été définitivement encadré après trois ans d’attente.

À chaque fois c’est un moment très spécial et un point d’orgue pour moi et pour le tableau. J’ai fait confectionner ce grand cadre (100 x 140 cm) avec un joint d’ombre en Allemagne comme je n’ai pas réussi à le faire en Suisse. Il est arrivé par transporteur. Tout s’est bien passé – ce qui n’allait pas de soi – et il va à merveille. “Voyager” est donc marié à son cadre.

Parfois même je me suis rendu à l’atelier le soir pour m’asseoir devant cette oeuvre, pour en jouir et pour rêver…

Tableau


27.01.2018

59e commentaire, Lucerne

Le mois passé la Télévision est venue chez nous. Ils ont tourné un reportage de 20 minutes sur ma création artistique. Lors de l’enregistrement, j’étais non cohérent et tendu, ce qui ne m’a pas du tout amusé. Bien que je me sois préparé, je n’ai pas réussi à parler devant la caméra de manière détendue et décontractée. Enfin, il y aura toujours la possibilité de faire mieux une prochaine fois.

Comme toujours, Franziska était tranquille et compétente. Quelle femme j’ai, c’est genial. Bon, demain la conversation passera à la Télévision.

Je la regarderai – si je la regarde – un jour bien mais plus tard…


19.12.2017

58e commentaire, Wien

Lorsque je vois des oeuvres d’art, comme ici celles de Gustav Klimt, je deviens alors très vivant et inspiré. Cela me pousse à travailler avec des couleurs et à créer dans la joie des oeuvres qui témoignent de l’inspiration et de l’esprit. La vie est pleine de couleurs. Cela serait une honte de ne pas en faire usage.
Un et un ne font pas deux dans la vie. Au contraire, cela donne trois ou quatre, autant de possibilités et de ressources qu’il ne faut pas laisser inexploitées.
Je souhaite que chacun puisse avoir le courage d’oser.

20.12. Le Café Central

Lorsque j’arrive à Vienne, c’est comme si le monde de la musique, de la littérature, de l’art, des cafés et de la pâtisserie, monde que j’apprécie tant ne suffisait pas.

21.12. Le musée d’art Albertina

Le voici de nouveau ce sentiment qui naît en moi lorsque j’admire des oeuvres d’art.
Je veux peindre – et je pense que je n’en suis qu’à mes débuts. Après plus de 2000 oeuvres réalisées, j’ai les doigts qui me démangent et j’en ai le souffle coupé.
Quel plaisir d’avoir ce sentiment.

Vol de retour

À 51 ans, je suis un homme heureux. Je suis bien plus calme et patient qu’auparavant. Je considère chaque moment comme un cadeau, je considère la vie comme un cadeau.


30.11.2017

57e commentaire, Brienzwiler

Un mois passionnant et des plus remarquables prend fin.

Bilan : la vérité est que nous sommes tous libres et que nous avons la possibilité de decider et de choisir à chaque moment ce que nous voulons experimenter et vivre. C’est ainsi que nous créons notre destin et celui de notre planète.

La puissance des pensées et le choix des mots sont décisifs. Nous venons tous de la même lumière, de la même source. En chacun de nous reside l’origine de l’Univers.

Nous sommes les créatures de l’Infini, incroyablement créatif et illimité. Nous recherchons toujours dans le nouveau ce que nous voulons experimenter et incarner. Le jeu “être humain” dure depuis longtemps. Désormais, il convient de s’éveiller à lui.

Souviens-toi de la lumière et de l’amour et vibre en harmonie avec.


31.10.2017

56e commentaire, Schweibenalp

J’ai beaucoup de travail et souvent la journée n’a pas assez d’heures. Fatigué et aussi parfois à la limite de mes forces, je vais me coucher tôt et j’ai un sommeil profond.

Je m’observe et pense : “Il est sonné ce type. Pourquoi travaille-t-il donc autant ?”

Puis je m’arrête et m’autorise à demeurer dans le silence. Certes, le travail continue mais de manière différente – je dirais même de manière plus sereine et décontractée. De plus, la joie est revenue. La journée devient une experience remplie de joie.

Je n’ai plus du tout envie de me faire du souci pour des milliers de petites choses. Intérieurement je me dis : “Stop. Halte. Assez.” Je regarde le soleil et ferme les yeux. Je sens sa chaleur et je sais que tout est juste.


30.09.2017

55e commentaire, Brienzwiler

Elle est là ma chère épouse Franziska, assise, penchée sur la table du salon, collant petits cristaux par petits cristaux pour des soleils en cristal si uniques et tellement demandés. Une musique méditative l’accompagne dans ce travail et la pièce baigne dans une atmosphère particulière. Une scène qui m’est familière et que j’affectionne tout particulièrement.

Sans jamais se plaindre, ni mettre de côté le travail, elle le fait depuis plus de 20 ans. Je rends hommage à tant d’humilité et de discipline. Je sais que l’art est notre projet commun. Si l’un d’entre nous l’abandonnait, il en serait fini de notre art.

Souvent – comme maintenant – nous devons également travailler le week-end et coller pierres et cristaux. Bonté divine, quelle chance j’ai d’avoir Franziska, une femme si merveilleuse, mère de nos trois enfants, compagne aimante et qui me témoigne de sa complète confiance.


31.08.2017

54e commentaire, Brienz

Un merveilleux mois d’août se termine.

Un mois qui ne pouvait être meilleur du point de vue d’un artiste : de bonnes ventes, de superbes rencontres et des discussions sincères et profondes avec des personnes qui apprécient mon art. La demande d’exposer de la part d’une galerie de Rome avec laquelle nous sommes encore en contact. Et un voyage en avion d’un jour pour Münich auprès de mon fournisseur de pierres dans le seul but de trouver un cristal de roche parfait pour un objet d’art qui se vendra deux jours plus tard. Tout cela donne quelque chose de particulier à ce mois.

Que du bonheur ? Oui, bien sûr, mais je pense que quiconque est aidé qui sait être conscient de ses ressources et de ses capacités et les utiliser au mieux de manière créative.

Marcher sur du sable mouvant (insécurité financière) demande constamment un courage renouvellé. Mais cela apporte vie, passion et sincèrité.

Ma vie et celle de mon épouse Franziska sont ainsi faites.


28.07.2017

53e commentaire, Schweibenalp

Dès le début du mois de mai, j’expose mes tableaux pour la seconde fois au Centre de l’Unité sur les hautes du Lac de Brienz. Trente-sept de mes oeuvres sont exposées sur quatre étages. Certaines d’entre elles sont déjà vendues.

Une fois par semaine je monte au Centre pour vérifier que tout est en ordre. Je me sens bien dans cet endroit. La combinaison de l’amour palpable des êtres envers la nature, l’orientation spirituelle ainsi que la grande loyauté et l’acceptation des autres personnes et cultures donnent à ce lieu quelque chose de particulier. Lorsque je m’y rends, c’est à chaque fois comme si j’avais de courtes vacances.

Comme souvent le bien se trouve à quelques encablures…, je n’ai pas besoin de transporter mes tableaux à Paris, ni à Palerme ou à New York.


04.05.2017

52e commentaire, Brienzwiler

Une exposition tout à fait normale

Pour la seconde fois, j’expose mes œuvres pendant trois jours à Vully chez un vigneron aux vins primés. Dans un grand espace d’environ 20m2, cette exposition est une belle réussite.

Cependant, j’ai de la peine à attendre les clients – il fait si beau dehors – qui peut-être s’offriront une œuvre. À midi, je m’offre un délicieux repas et vais me baigner dans le Lac de Morat. J’espère me redonner courage. Pendant tout ce temps Franziska est positive et pleine de courage contrairement à moi, comme si souvent.

Ça m’est difficile d’être ici et d’attendre des personnes intéressées par l’art. Pendant les échanges, je ne laisse pas transparaître mon état intérieur, ce qui ne serait pas professionnel mais mauvais pour les affaires, j’en ai fait l’expérience.

Le troisième jour, je démonte l’exposition plus tôt. Et, tout d’un coup, alors que je rangeais, un groupe de dix personnes arrive dans la salle. Ils sont enthousiastes et un monsieur achète de manière spontanée une oeuvre pour lui et son épouse. Tous ces soucis et difficultés qui m’accablent toujours se sont envolés. Nous rentrons à la maison heureux et satisfaits. Nous reviendrons l’an prochain.

Conclusion : Vis le moment présent et laisse-toi porter par le bon esprit qui est là pour ceux qui s’en remettent à lui.


28.04.2017

51e commentaire, Brienzwiler

Franziska s’est absentée deux jours de la maison. J’utilise ce temps pour travailler à l’atelier et peints quatre tableaux à l’huile de petit format sur le thème de l’Univers.

Je ne peux pas l’expliquer de manière logique, et pourtant, je sens qu’il y a beaucoup de vie et de réalités dans l’univers qui sont, pour la vision et l’entendement des humains, difficiles à comprendre, classer et accepter. Quoi qu’il en soit, je me donne en tant qu’artiste du temps libre pour concrétiser cette belle thématique

La vie se donne la possibilité de s’adapter en permanence aux conditions pour s’expérimenter et s’exprimer.

Je pense que c’est ici le témoignage d’une personne qui considère la terre comme seule planète habitée et tout le reste comme simple décor.

Ben, on verra bien un jour.


30.03.2017

50e commentaire, Brienzwiler

Ma coopération avec Jacob, notre galeriste, touche à sa fin. Sa nouvelle proposition de contrat ne présente aucun intérêt économique pour moi mais un gros risque. Pour certains artistes, c’est envisageable s’ils ont un emploi à côté. Seul un artiste sur 5000 travaille comme free-lancer et il lui faut gérer ses finances avec beaucoup de prudence.

Demain, je vais reprendre toutes mes œuvres.

Au cours de l’année passée, j’ai reçu beaucoup d’impressions et ai fait de nombreuses observations. De manière générale, le commerce de l’art est une entreprise et un jeu dans lequel il convient de bien distinguer l’honnêteté du bluff.

Cependant je vais de l’avant, accompagné de ma femme. Ce qui est vraiment important pour moi, c’est le sens du sacré dans l’art. Cela signifie que chaque œuvre d’art doit comporter une orientation spirituelle clairement perceptible.

Je suis vraiment heureux de continuer dans ce sens.


24.02.2017

49e commentaire, Brienzwiler

Suis-je vraiment arrivé?

Lors d’une conversation sur le thème de l’art avec ma coiffeuse, elle m’a dit que j’étais arrivé. Sa phrase m’a poursuivi un bon moment.

Bah, quand est-on arrivé? Et où?

Il semble que l’on est arrivé quand on a exposé à New York et à Paris, que l’on a vendu plus de 1600 œuvres et que l’on vit comme artiste indépendant capable de subvenir à une famille de cinq personnes depuis plus de 20 ans.

Tout cela semble magnifique et impressionnant. De ce point de vue je peux dire que j’y suis arrive.

Mais le succès et les apparences sont fugaces comme l’odeur du myosotis de mon enfance. Ils ne sont pas la garantie de mon bonheur et de ma sérénité.


27.01.2017

48e commentaire, Brienzwiler

Exposition à Paris

Nous avons emporté 14 œuvres et sommes partis pour Paris à 4 heures du matin. À 13 heures nous sommes arrivés à la galerie Thuillier. Cela a fonctionné à merveille !

Cette ville me rend nerveux. Tôt le matin jusque tard le soir du brouhaha. Des voitures, du bruit, des gens, que de destins. Les enfants qui mendient dans le métro me rendent triste. Des palais, des musées, de l’histoire – divers et uniques. Et l’art – disons … délicieux et le meilleur.

Le musée d’Orsay me plait. J’ai vu tellement d’œuvres d’art que j’ai commencé à me remettre en question tel un artiste. De retour à la maison, j’ai regardé mon propre art avec un œil critique et suis parvenu à la conclusion que j’avais bien travaillé. Chaque époque a ses propres demandes, idées et défis qu’il faut accepter et dont il faut tirer le meilleur.

Le vernissage fut formidable et connu un grand succès. Mais je suis heureux d‘habiter dans un petit village de 490 personnes, entouré de verdure et de montagnes enneigées.


27.12.2016

47e commentaire, Brienzwiler

Vienne – quelle ville vraiment inspirante! L’exposition du pointillisme au musée Albertina était un plaisir pour les yeux et m’a immédiatement donné des ailes pour travailler avec des nuances de jaune à la maison.

Aujourd’hui, j’ai peint quatre tableaux. Trois au format de 34 x 55 cm, appelés «Coucher du soleil», «Solara» et «Œil ensoleillé» et un au format de 50 x 80 cm nommé «Terre ensoleillée». Tous sont basé sur le nombre d’or que j’apprécie énormément.

J’aime avoir autant d’énergie et d’élan avant la fin de l’année pour pouvoir créer des tableaux bien réussis. Quatre tableaux en un jour c’est déjà limite mais possible quand tout va bien.

Je prends une profonde inspiration – je suis reconnaissant.


28.11.2016

46e commentaire, Brienzwiler

Cela aussi fait partie du jeu – travailler pendant des heures, peindre des tableaux de soleils avec des couleurs à l’huile – et quand arrive le soir, il ne reste pourtant rien d’autre que trois toiles couvertes d’une couche jaune.

Des journées comme celles-ci sont pénibles.

J’investis dans du matériel comme des pinceaux, des couleurs à l’huile, de l’essence de térébenthine, des toiles et du temps. Je pose une couche de couleur après l’autre uniquement pour la gratter à la spatule peu après. Je me tracasse pour une dimension de cadre de 50X60 cm, qui ne me correspond pas du tout pour finalement admettre qu’il n’y a absolument aucun résultat.

Il y a justement des galeries qui aiment des tableaux de dimensions précises, ni trop petits, ni trop grands et, si possible, tous avec le même cadre.

Petit à petit cela me prend à la gorge. Il est grand temps pour moi de redevenir fidèle à moi-même.


14.11.2016

45e commentaire, Brienzwiler

J’ai eu 50 ans aujourd’hui, et suis absolument heureux de tout ce que j’ai atteint jusqu’à maintenant.

Je pense souvent à ma vie, au passé et à l’avenir. Je crois qu’il est important d’être content de soi et de la vie, d’aborder les défis de tous les jours du mieux possible et de les solutionner de manière satisfaisante pour soi.

Dans l’art spécialement, c’est toujours un défi pour moi d’atteindre mes objectifs. Les galeristes par exemple me donnent beaucoup de nouvelles idées et de matière à réflexion. Il faut que j’en fasse le tri et, suivant ce qu’il en résulte, que je les réalise.

Cette année, grâce à un reportage de deux pages dans un journal Art & Design distribué aux galeristes renommés du monde entier, j’ai eu l’opportunité d’exposer mes œuvres au niveau international. Je vis des moments exaltants et suis reconnaissant.


30.09.2016

44e commentaire, Brienzwiler

Que l‘été passe vite! Il est grand temps d’écrire un commentaire dans mon journal.

Je travaille beaucoup et longtemps. Des soleils de cristal, des œuvres naturelles et des peintures à l’huile naissent constamment. Et les idées ne manquent pas. Le petit atelier me freine encore et toujours dans ma phase de création de l’univers.

J’aimerais beaucoup peindre un tableau à l’huile tous les jours pendant un an. Cela fait un certain temps que ce projet, que ce rêve me trotte dans la tête et, un jour, je le réaliserai.

Les deux tableaux de l’univers qui sont exposés à New York en ce moment, sont appréciés. Un curateur les a remarqués et m’a invité à exposer en solo en décembre 2019 à Manhattan. J’ai accepté. Je suis heureux.


26.07.2016

43e commentaire, Brienzwiler

La nouvelle page d’accueil est très dynamique et prête maintenant. Franziska a eu énormément à faire jusqu’à ce que chaque image ait trouvé sa place et que le texte correspondant soit traduit en quatre langues. Je suis très reconnaissant de tout son travail et me réjouis de ce site internet très réussi.

Ce sont les vacances d’été et j’ai beaucoup à faire. Des expositions en automne pour lesquelles je travaille de façon intensive. Cela me plaît. Les journées sont animées et souvent trop courtes.

Demain nous partons avec nos enfants pour deux jours à Europapark. Un endroit féérique, de couleurs, de sons, de parfums et de festins où l’impossible devient possible.

Cela fait simplement du bien d’oublier de temps en temps le train-train quotidien…


31.05.2016

42e commentaire, Brienzwiler

New York?

Une offre m’a été faite: Je pourrais exposer 3 tableaux dans une galerie de New York près de Central Park.

Après mûre réflexion et en accord avec Franziska, j’accepte la proposition. Il y a bien sûr quelques conditions à remplir, de là mon hésitation du début. Il faut, par exemple, que je prenne le coût du transport à ma charge, et que je paie une location de trois mois pour chaque tableau.

Mais dans l’ensemble, j’ai le cœur joyeux et je vois là une opportunité de tenter quelque chose. Le plaisir l’emporte. Comme Jacob, mon galeriste, a l’habitude de dire:

«Vis tes rêves et rêve l’incroyable»


30.04.2016

41e commentaire, Lugano

Je suis ici à une exposition à Lugano et j’ai le temps de me faire quelques réflexions…

…J’aimerais raconter et écrire tellement de choses, cependant je suis également fatigué et exténué de la vie…

…Il ne faut pas beaucoup pour comprendre mes œuvres, un cœur ouvert suffit amplement…

…Ce qui est beau dans la peinture, est que je peux raconter une petite histoire de l’univers ici sur terre…

…Le fait de ne penser ni d’agir de manière globale, est une défaillance vis à vis de la Création et de son intelligence…

…On peut tourner et retourner la question comme on veut, une chose est sûre et certaine, le soleil se lèvera de nouveau demain…


31.03.2016

40e commentaire, Brienzwiler

Le vernissage à St Légier a été très varié, haut en couleur et divertissant. De l’art à admirer et à acheter. Il y en avait pour tous les goûts. Je me suis quand même beaucoup diverti avec du vin et de petits amuse-bouche bien adaptés. Le publique était international, on y parlait français, italien, anglais et allemand.

Une rencontre avec une dame a été très agréable. Son enthousiasme à propos des tableaux sur l’univers m’est resté durablement en mémoire.
Elle disait qu’au plus longtemps elle restait là et s’imprégnait des tableaux, au plus elle remarquait des détails, des compositions et des lignes. Oui, elle se déplaçait presque comme dans l’univers alors qu’elle ne faisait que le contempler.

Une belle réaction pour moi et un vernissage réussi.


29.02.2016

39e commentaire, Brienzwiler

Comme d‘habitude, je continue à travailler sur des tableaux de l’univers et, pour des raisons économiques, également toujours aux soleils de cristal. Cela coule de source et me vient facilement. Je laisse aller les choses comme elles viennent et suis très content de la création du moment. Je ne m’oblige pas à tenir un rythme de travail élevé et m’accorde de temps en temps une petite sieste de 10 minutes sans que le travail qui doit être fait, n’en pâtisse.

Que les soleils de cristal soient de l’art ou pas, c’est un sujet sur lequel on peut se disputer. Le fait est qu’ils procurent beaucoup de plaisir à un grand nombre de personnes. Et cela, de nouveau, est quand même un aspect très important de l’art.


13.02.2016

38e commentaire, Appenzell

Un grand tableau est né le 31 décembre 2015, 100×140 cm. Je l’appelle «voyageur». Le résultat me plaît beaucoup. Et je suis prêt maintenant à quitter ce stade (à mourir). C’est comme si ce que je voulais réaliser ici par l’art, a été atteint.

Je me sens tellement accompli…, quand une œuvre aussi fantastique pour moi, naît d’un seul jet.

Ce n’est souvent pas le cas, et je lutte avec les couleurs et la toile. Mon assurance augmente avec chaque nouveau tableau. Et il me semble à chaque fois que me perfectionner n’est plus possible. Cependant des miracles se produisent…et, en conversation avec Dieu ou l’infini, il semble qu’il n’y ait aucune limite.

Avec le tableau «Golden Globe» créé hier, un nouveau pas a été franchi.


30.12.2016

37e commentaire, Brienzwiler

Avant la fin de l’année, j’ai quand même le besoin de mettre encore quelques réflexions sur papier.

L’atelier est maintenant bien rangé et tout est prêt pour la peinture à l’huile. J’ai de la peine à me décider: Faut-il que je commence par des tableaux de l’univers dans les tons bleus ou plutôt des tableaux du soleil dans les jaunes?

Tout en moi est tension et un fourmillement, comme une tension électrique, traverse mon corps et l’atelier. Mes yeux se mettent à briller en voyant toutes les couleurs à l’huile, la spatule et les toiles qui sont prêtes maintenant. C’est précisément cette tension qu’il me faut pour bien m’y mettre. Cela arrive alors parfois que trois tableaux surgissent le même jour.

Pour le moment, elles sont encore dans l’obscurité ces œuvres qui aimeraient apparaître maintenant.

Parfois c’est difficile pour moi de sortir de ce processus de création et de faire une pause; surtout quand, comme maintenant, nous attendons de la visite dans les jours qui viennent.

Il me faut un certain temps pour que les tableaux surgissent de façon expressive.

Malgré cela, je commencerai tôt demain matin…


30.11.2015

36e commentaire, Brienzwiler

La rencontre avec un galeriste à Montreux a été extraordinaire. On verra si mon rêve de ces dernières années se réalisera. J’ai bon espoir.


28.10.2016

35e commentaire, Brienz

La voilà installée la plus grande et la plus représentative des expositions que j’ai jamais eue. Je peux exposer 61 œuvres sur 7 étages dans l’Hôtel de Ville de Kloten. A chaque étage, un autre sujet.

Le vernissage a été très sympathique et agréable. 15 personnes sont venues et rien n’a été acheté, ce qui ne m’inquiète pas vraiment. L’exposition est merveilleuse pour moi. Je profite de la présentation en toute quiétude comme un étranger. Je regarde les œuvres minutieusement et fais un voyage dans le temps à travers 20 ans de travail d’artiste. Les tableaux ont un effet tellement différent dans ces espaces, et certaines compositions que je n’avais pas remarquées jusqu’ici, me frappent. Je suis ravi et satisfait du travail accompli et me prépare à de nouvelles actions.

Les idées ne me manquent jamais. Et tant que les doigts me démangent et que les idées sont là, tout va bien…

 


17.08.2016

34e commentaire, Brienzwiler

Tout en travaillant dans l’atelier, quelques petites réflexions surgissent…

Je ne peux pas dire que mon implication dans l’art me donne des ailes, mais elle me rend heureux.

Je travaille parfois sans avoir un grand concept ou un vrai but. Et il arrive souvent qu’au moment où une œuvre se dévoile, un «waou» surgit de mes lèvres.

Quand les mains veulent travailler, laisse-les faire leur besogne, même si elles sont rapides et agiles.

Le grand art est toujours lié au grand, à l’invisible esprit. Pourquoi je le sais? Je le sens.

J’ai vécu des miracles durant toutes ces années, même si je ne m’en suis aperçu que plus tard.

Le plus grand obstacle dans ma vie, a toujours été moi-même. La voie a toujours été ouverte et se trouvait devant moi. Souvent, je n’ai pas été capable de la voir.


30.07.2015

33e commentaire, Brienzwiler

Les premières œuvres de „L’art qui traverse le feu» prennent vie.

A vrai dire, c’est un peu fou de créer des œuvres, de polir avec beaucoup de peine et de précision, de peindre, de fraiser et de découper, pour finalement les livrer au feu.

Cependant, quelque chose de nouveau peut éclore.

Une magnifique vision de «l’évolution, la disparition et la renaissance». Comme cela se produit tous les jours et à tout moment de façon absolument naturelle.

Même si je m’y brûle les doigts.


29.06.2015

32e commentaire, Brienzwiler

Un mois très varié touche à sa fin. Ce qui a commencé de façon tellement misérable, s’est continuellement transformé en un crescendo final agréable, constructif et plein de richesses.

Même le temps se montre de nouveau des plus cléments. Un anticyclone estival s’est installé avec des températures de plus de 30 degrés.

Et j’ai envie de travailler. Avec cette chaleur.

«L’art qui traverse le feu»- cette idée qui m’est venue en promenant mon chien hier matin, m’accompagne et m’inspire. Concrètement cela signifie que je vais davantage travailler avec le feu, surtout dans le domaine de la sculpture.

Ce qui est beau dans l’art, est de saisir les opportunités sans limites et de réaliser quelques idées. Avec enthousiasme bien sûr.


26.05.2015

31e commentaire, Brienzwiler

Je ne sais pas si j’ai encore assez de force pour pouvoir vivre de mon art jusqu’à 65 ans. D’y penser m’inquiète beaucoup. C’est une marche constante sur le fil du rasoir et il suffit de peu pour qu’il en soit fini de l’art, ce que je regretterais au plus profond de moi-même.

Quand je regarde dehors, je vois la pluie, la pluie, la pluie et cela depuis des jours. Il fait maussade et froid. Il semble que la nature reflète mon humeur du moment. Je serais perdu s’il n’y avait pas la certitude de jours plus ensoleillés. La mort serait la bienvenue.


29.04.2015

30e commentaire, Brienzwiler

Je travaille de façon intense à la série «Compositions sacrales» et c’est un fait qu’au plus je me plonge dans le sujet et je m’y implique, au plus je vois de possibilités de réalisations et de variétés de créations.

Je constate que quand un sujet m’interpelle et que je l’approfondis, les œuvres qui en découlent sont particulières et dépassent les autres. Souvent cela est confirmé par les visiteurs lors d’une exposition. Pourtant, chaque tableau qui précède est important car il contribue au développement d’un ensemble.

Transformer le beau et le sublime en œuvre d’art pour rendre l’essentiel perceptible me tient beaucoup à cœur.

La beauté se trouve souvent dans la simplicité.


30.03.2015

29e commentaire, Brienz

Humm, aujourd’hui, je n’ai pas envie d’écrire sur l’art. Tout simplement parce que certain travaux doivent d’abord se préciser dans mon for intérieur. Ce serait dommage de dévoiler quelque chose qui n’est pas encore mûr.

Le soleil est le cœur du ciel, il nous réconforte les jours de morosité.

Ce n’est pas que je sois d’humeur sombre, non, je suis simplement paisible. Et je tends l’oreille, j’écoute dans le silence qui est tellement agréable et sans vacuité.

Je sais que bientôt viendra le temps où je serai tellement occupé que toutes mes idées et mon énergie auront à peine la place dans une journée de 12 heures. Ces jours-là seront comme des rêves, ils passent si rapidement.

Ce qui reste, sont les œuvres…


14.02.2015

28e commentaire, Brienzwiler

Je suis soulagé de fermer la galerie de Grosshöchstetten à la fin du mois de mars 2015. La raison en est que la relation entre dépenses et revenus n’est pas vraiment comme j’aurais souhaité qu’elle soit. Un rêve qui s’achève après seulement un an d’existence. Bien entendu, il y a d’autres raisons qui m’ont poussé à prendre cette décision.

Malgré tout, une bonne expérience dans ma carrière d’artiste. Elle me pousse à aller de l’avant et m’a confirmé dans beaucoup de choses.

D’autre part, j’ai déménagé mon dépôt de Brienzwiler à Brienz. Ce qui est agréable maintenant, c’est qu’en plus de disposer d’un dépôt, j’ai également une exposition dans laquelle je présente mes œuvres directement dans la rue principale de Brienz.

Conclusion: tout est en mouvement, se transforme et se renouvelle. Ce sont les aléas de la vie qui rendent l’existence captivante et animée et qui me plaisent.

Et cela, toujours avec quelqu’un d’aimant et qui me soutient à mes côtés – mon épouse Franziska.


14.11.2015

27e commentaire, Berne, musée des beaux-arts

Quand je suis dans un musée des beaux-arts et que j’ai analysé les tableaux et les œuvres, j‘ai l’habitude depuis ma jeunesse, et comme c’est le cas ici, d’aborder des inconnus et de leur demander comment ils trouvent telle ou telle œuvre, ce qu’ils en pensent et ce qu’ils ressentent. C’est toujours très instructif pour moi d’avoir l’avis d’autres personnes intéressées par l’art, d’entendre leurs réflexions et leurs émotions. Je les compare aux miennes et tire mes conclusions.

Quand je ne me maîtrise pas, cela déborde et un flot de paroles assaille mon interlocuteur. Je vois dans son visage que je lui en demande trop. Souvent je me retire et lui demande de m’excuser quand j’ai été trop loin.

C’est vrai que la passion prend souvent le dessus. Celui qui ne le croit pas, devrait s’entretenir avec ma femme, Franziska. Mais malgré tous les désagréments que ma passion a pu causer dans ma vie, je l’aime parce qu’elle me donne le sentiment de vivre véritablement, d’être vivant.

Et aujourd’hui je me souhaite un anniversaire passionné!


31.10.2014

26e commentaire, Brienzwiler

Les rencontres comme celles de Crossen dans les environs de Leipzig, sont assez fatigantes à cause de la distance de 750 km avec les bouchons et autres désagréments rencontrés sur les autoroutes. Toutefois le voyage a aussi été une période pleine de surprises.

Nous avons été les hôtes d’honneur d’une connaissance qui ouvrait un centre de yoga et nous avons pu lui apporter un «soleil de cristal». Un espace lumineux, créé avec beaucoup d’amour et de savoir-faire, qui transporte le visiteur dans un sentiment de sécurité et de recueillement. Une paroi colorée pour le «soleil de cristal» au violet duquel un peu de gris a été mélangé pour lui donner un effet tendre. La pièce empreinte d’un parfum fin et délicat, me donne une impression très agréable et délicieuse exactement comme la monitrice de yoga.

Ce sont des moments magnifiques, pendant lesquels je m’abandonne et dont je profite: les rencontres, les discussions, les repas, la chambre d’hôtel, le temps avec ma femme et le sentiment d’être un artiste.


30.09.2014

25e commentaire, Brienzwiler

Finalement tout est une question de sensibilité aux couleurs et aux formes. L’ŒIL scrute les détails. L’EMOTION m’indique si les différents matériaux, les proportions et les couleurs créent une atmosphère, s’il y a un équilibre entre tension et harmonie.

Je cherche et je lutte pour que mon travail s’épanouisse de façon à ce qu’il devienne un témoignage tranché. A mon avis, une empreinte sacrée doit être palpable et est très importante dans mes œuvres. C’est la raison pour laquelle je suis aussi laborieux et productif. Si je devais décrire mon travail d’un seul mot, ce serait le mot «sacré».

Pour le moment, je travaille les couleurs blanc et argent dans un cadre noir de format 24x30cm. A la fin, il devrait y en avoir une vingtaine. Je les vois déjà les uns à côté des autres, tous plus touchants l’un que l’autre. Je me suis promis d’en terminer un par semaine. Il y en a déjà quatre que j’ai appelés «Composition sacrale».


14.08.2014

24e commentaire, Grosshöchstetten

Ici à Grosshöchstetten, je suis heureux de voir que un rêve devient réalité.

De pouvoir présenter ses tableaux et ses œuvres dans sa propre galerie, de les exposer dans une grande salle inondée de lumière, c’est comme de décrocher la lune.

Je peints quelques murs en bleu, jaune et vert pastel ainsi qu’en bordeaux vif. Ces couleurs mettent en valeur et éliminent la froideur et la distance du blanc stérile. Les œuvres commencent à parler un autre langage par exemple quand un tableau bleu foncé est placé sur un bleu azur transparent. Cette tension qui se crée entre les couleurs est extrêmement séduisante pour moi, un peu comme si du miel liquide devait exciter mes papilles. Cette douceur enchante tous mes sens.

Est-ce que d’autres ressentent la même chose?


13.07.2014

23e commentaire, Avebury, Wiltshire, Sud de l’Angleterre

Ce matin à 6 heures nous partons pour Silbury Hill, Franziska et moi, et sommes récompensés par un nouveau «cercle de culture» qui n’était pas encore là hier lors de notre arrivée. Quelle émotion!

En marchant dans le sillon, nous nous approchons du cercle et sommes stupéfaits de voir comment d’un coup et avec quelle précision les céréales ont été couchées par des mouvements rotatifs vers la gauche et vers la droite. Le diamètre est d’environ 50 mètres. Nous nous dépêchons de prendre des photos, retournons à notre B&B, informons notre hôtesse et réveillons nos enfants. Notre hôtesse envoie tout de suite nos photos aux chercheurs de cercles de culture locaux tandis que nous retournons dans le champ avec nos enfants après le petit déjeuner. Nous sommes de bonne humeur, admirons, discutons et chacun y va de ses propres conclusions.

Nous ne sommes pas de ceux qui s’assoient au milieu du cercle pour méditer dans la position du lotus pour ressentir quelque chose. Non, nous sommes bien vivants, enjoués et d’humeur bavarde. Un tracteur arrive à 10 heures et fait disparaître le cercle du champ en le fauchant. Dommage. Plus tard, nous apprenons plus au sujet des agriculteurs, des gens et de leurs relations avec les cercles de culture. Bien des choses deviennent compréhensibles.

Une vielle dame de 85 ans nous raconte, qu’à l’époque, les enfants jouaient dans ces cercles mais que les adultes les remarquaient à peine car il y avait toujours beaucoup de travail à accomplir.

Tout en prenant le thé et mangeant des gâteaux, Michael, un architecte et décorateur de 83 ans nous donne d’intéressants points de vue sur ces «agroglyphes» géométriques et parfois très complexes. Il s’en occupe de façon intensive depuis 25 ans et a écrit plusieurs livres sur le sujet. Il conclut en nous disant qu’à son avis, notre cercle est un baiser céleste. Ceci est le message et nous en sommes très émus.

Des idées me viennent pour transformer ce cercle d’aujourd’hui en œuvre d’art…


13.06.2014

22e commentaire, Berne

Les journées sont chaudes, le soleil brûle et oui, j’aime ça. Très peu vêtu, je travaille dans mon atelier et laisse mes pensées vagabonder. Seul le gazouillis des hirondelles couveuses m’accompagnent. Les journées sont paisibles et me nourrissent. Elles me donnent l’espace pour me mettre au clair au sujet de tellement de choses. Particulièrement sur la fragilité de la vie.

Bien que les changements discrets de la nature qui ont lieu de jour en jour, voire même d’heure en heure, m’ont toujours parus évidents, une partie de moi-même les ressent douloureusement. Pas de manière fugitive comme j’aimerais que ce soit le cas, non, de manière tenace et profonde. Je m’en accommode et, entretemps, je considère la situation comme si je devais faire la paix avec elle.

Je la vois comme un enrichissement et un mouvement qui me conduit vers la vérité. J’y puise mon inspiration pour de futures œuvres…

Il y a deux semaines, mon père a quitté ce monde.


02.05.2014

21e commentaire, Berne, musée des beaux-arts

Il existe des lieux comme celui-ci, où je me sens bien, inspiré et à la maison. Pour moi, visiter un musée des beaux-arts signifie prendre du recul par rapport au quotidien et me laisser aller. Un retour sur moi-même. Je profite du moment – et m’octroie un café et un gâteau.

Les jours d’ouverture à Grosshöchstetten sont passés et l’exposition «L’art dans la maison rouge» est ouverte au public. Oui, mais comment l’expliquer… j’ai eu beaucoup de discussions sur l’art, les formes, les couleurs, la vie, la musique et – comme si souvent – l’argent et les femmes. Ce sont des rencontres et des discussions qui me font du bien. Dans mon environnement à Brienzwiler elles me manquent souvent.

Je me sens heureux et enrichi que l’opportunité de présenter des œuvres, même de grand format, se soit présentée à Grosshöchstetten. Je réalise seulement maintenant, le travail étant accompli, que le caractère de l’exposition donne l’impression d’être dans un musée. Ce qui me convient parfaitement.

Pour finir, une bonne nouvelle: cela vaut parfois la peine d’être clair et direct et d’exprimer sa mauvaise humeur: voilà qu’il y a de nouveau des seaux de couleur de 5kg. Alléluia!

Bon, retour à l’atelier. De nouveaux tableaux doivent naître.


21.04.2014

20e commentaire, Brienzwiler

Il faut parfois beaucoup de temps pour se découvrir soi-même, pour voir ce qui est à proprement dit au cœur de sa propre création artistique. En plein milieu d’une sculpture en bois, je m’arrête, j’observe, je prête l’oreille à mes pensées silencieuses et les exprime ici au mieux.

En pensées, je suis assis dans un train, je regarde par la fenêtre mais ne vois pas de paysages ni de forêts, pas de montagnes, pas de lacs ni de petits villages. Non, je vois passer toutes les œuvres que j’ai créées et je reconnais la nature, l’amour que je lui porte et sa diversité.

Je ressens cette attirance, ce sentiment de respect, et oui je dirais même que ce sont ces moments sacrés qui me comblent et m’exaltent, m’incitent à continuer à travailler avec l’or, le bois, les pierres, le feu et le soleil…


29.01.2014

19e commentaire, Brienzwiler

Le but est bientôt atteint: Une exposition supplémentaire ouvre ses portes le 7 février. Mon ami Beat Stähli, sculpteur sur bois de Brienz, et moi-même, exposons nos œuvres sur une surface de 130 mètres carrés. L’amateur d’art peut se laisser emporter par des tableaux à l’huile, des tableaux de soleils ou sonores, des soleils de cristal ou de bronze, des installations et des sculptures sur bois dans une galerie inondée de lumière.

C’est avec beaucoup d’engagement et de persévérance que le rêve de Willi Biser se réalise. Willi Biser dirige un commerce d’appareils électroménagers depuis des années à Grosshöchstetten. Le nouveau bâtiment de la rue de Berne est ouvert et sa couleur rouge foncé saute aux yeux. La combinaison d’un centre de compétence Miele au rez-de-chaussée et d’une galerie à l’étage est une expérience pour le moins particulière pour le visiteur.

Je me réjouis, et c’est un honneur pour moi, de pouvoir présenter mes œuvres dans une exposition permanente qui se renouvelle. Un défit de plus dans mon activité artistique qui me donne des ailes, m’inspire et me pousse à mes limites.


26.12.2013

18e commentaire, Brienzwiler

Quel désagrément d’apprendre tout-à-coup que les couleurs à l’huile ne sont plus disponibles qu’en petits tubes de maximum 290 ml. Pour un client de longue date, c’est particulièrement agaçant d’entendre un vendeur vous dire qu’il n’y a plus de demande pour de grandes quantités de peinture (bidons de 5 kg) et que le producteur n’est plus intéressé à enfabriquer puisque leur vente ne génère pas le chiffre d’affaire escompté. A mon avis, une solution serait de produire, en plus des tubes de 290 ml, des unités de 500 ou 1000 ml. Le dessèchement d’un tube entamé ne serait pas aussi grave que pour les bidons de 5 kg. C’est tout simplement une question de volonté.

En outre, voilà une petite comparaison de prix: 1 bidon de 5 kg coûte Fr. 196.-, 1 tube de 290 ml coûte Fr 25.-. 17 tubes donnent 4,93 kg et coûtent Fr 425.- ce qui représente un surcoût de 229 francs. Cela s’appelle aussi «une augmentation de prix masquée». Ce qui me reste à faire auprès de mes fournisseurs de matériel est de continuer de poindre le problème du doigt et de rouspéter sans répit. Je téléphone de tous côtés et cherche des bidons invendus de 5 kg de couleur jaune à l’étranger. Dieu sait s’il y a des activités plus agréables! Nous sommes au 21e siècle et depuis 2014, il n’est plus possible d’obtenir des tubes de couleur de plus de 290 ml sauf, et comment peut-il en être autrement, de blanc et de noir.

Happy New Year!


11.11.2013

17e commentaire, Amsterdam

Me voilà assis ici au Café Tambourin du Musée Van Gogh avec Franziska. Après une visite de quatre heures, je mets mes impressions sur papier.

Il y a beaucoup à dire sur cet artiste. Il était honnête, authentique, tourné vers la lumière et les couleurs et une chose est certaine: il n’était pas fou. Je suis heureux que Franziska soit près de moi. L’impression que nous fait cet artiste génial nous plonge dans le silence. Je ne crois pas que j’aurais la force, comme artiste, de mener une telle vie de pauvreté et de mépris, de savoir que personne ne s’intéresse et n’achète de tableau et d’aller de l’avant malgré tout. Cet artiste mérite toute ma compassion.

Tout ce que j’ai vu ici et au Rijksmuseum remplit mon être tout entier. Et comme une avalanche qui dévale la pente avec fracas, la puissance de mes impressions va se décharger…


19.09.2013

16e commentaire, Berne

Ma barbe n’arrête pas de pousser, il y a des gens qui ne me reconnaissent plus. Des remarques comme «nain» ou «Alp-Öhi» sont monnaie courante. Je réponds laconiquement qu’ils sont tout simplement jaloux. Mais quel est le rapport avec l’art et la créativité? Peut-être puis-je mieux rentrer dans mon for intérieur, que mes sens sont plus éveillés.

Je sens que les poils fonctionnent comme des antennes, ils captent des informations. Des informations qui, sans cela, ne me seraient pas accessibles. Une expérience sensuelle et absolument nouvelle, pas du tout en vogue à l’heure où avoir un corps glabre fait partie des nouveaux canons de la mode. Cela me semble étrange alors que, pour moi, le naturel, la nature va de soi en s’épanouissant et en se développant, et que nous pouvons admirer sa vitalité, sa beauté et sa diversité.

En résumé, je constate que les cheveux longs modifient ma perception de la réalité, qu’elle devient plus délicate et plus sensible. Je suis plus attentif et plus paisible. Il est certain que ces sensations et ces aspects vont influencer mes œuvres. Je suis curieux…


30.08.2013

15e commentaire, Berne

La vie me pousse en avant de façon assez désordonnée et impétueuse mais jamais ennuyeuse. On peut se demander pourquoi personne n’arrête la machine. Je ne me plains pas car cela m’oblige à bien régler mes forces et mon emploi du temps, à mettre des priorités, à réduire mes revendications et à me sentir libre et honnête malgré tout. Un défi à tous les niveaux mais qui n’en a pas?

Je me réjouis de mes prochaines expositions: Premier «L’art Spirituel» à Soleure du 11 au 13 octobre. Deuxième «EARTH – l’art sur le thème de la nature» à St. Gall du 1er au 3 novembre. L’exposition EARTH retient toute mon attention pour le moment, en particulier mes démêlés avec différentes formes naturelles du bois (branches, racines…) qui m’inspirent et m’encouragent à réaliser mes idées.

Malgré mon marasme économique, j’investis dans différents matériaux et j’espère, non je suis certains, que cela en vaudra la peine. Comme très souvent, je suis au point où je dois évaluer combien et où j’investis de l’argent sans arriver à ne plus savoir où nous en sommes. Cela signifie de rester calme et d’écouter. L’abnégation est la parole magique – et les solutions surgissent.


24.05.2013

14e commentaire, Berne

Une fois par mois, je suis présent au lieu de rencontres «Die Quelle» pour toutes les personnes qui aimeraient avoir une discussion avec l’artiste. Si j’ai fini d’accrocher les nouvelles œuvres et si l’occasion se présente d’avoir un moment à moi, j’en profite, comme maintenant, pour écrire dans mon journal. M’éloigner de l’atelier me permet de trouver la sérénité qu’il me faut pour mettre mes pensées par écrit. Je suis frappé par la couleur de mes mains. Elles sont tachées de peinture à l’huile dans les tons jaune, blanc et rose. Il faut quelques jours pour les soigner et les rendre à nouveau toutes propres.

Et oui, la semaine a été intense. J’ai réalisé cing tableaux sonores de grand format pour lesquels mon corps, et surtout mes mains, me servent d’outils de travail sans tenir compte de la façon dont je devrais présenter les couleurs. Je plonge les mains dans un seau de cing kilos, y puise la couleur que je mélange avec de la térébenthine jusqu’à l’obtention d’une consistance crémeuse. Je l’étale à mains nues sur la toile et la travaille avec différents matériaux comme des chiffons, des spatules en bois, des éponges, du sable et des pinceaux. Je pétris et m’oublie complètement. C’est divin!

Cinq tableaux sonores de grand format en une semaine – c’est à peine si j’ose l’écrire. Et pourtant, c’est possible dans de bonnes circonstances. Un des tableaux sonore était une commande sur la musique de Whitney Houston. Cela m’a pris 6 semaines pour me représenter le tableau intérieurement, surtout les couleurs, et pour finalement le reproduire sur la toile. Les tableaux sonores naissent au moment où je me mets en relation avec la musique et où je vois l’œuvre en imagination. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’image est mûre et peut entrer dans ce monde. 23 tableaux sonores ont été exécutés jusqu’à présent et, dans deux à trois semaines on pourra les voir sur la page d’accueil de mon site.

J’ai une sensation d’épuisement et en même temps d’accomplissement. Je me permets une petite faveur: mes pralinés préférés (les truffes au pruneau).


20.04.2013

13e commentaire, Sylt

Pendant que ma femme assiste à un séminaire de Barbara Bessen, je profite, avec mon fils, du temps encore frais sur la plage venteuse. L’ambiance est très particulière, nue et désolée. Nous observons les oiseaux et notons les différentes espèces. Cela nous excite de dépasser le record du jour précédent.

Ici, les couleurs sont intenses. Quand le soleil brille et que les roseaux bruns se laissent bercer par le vent devant l’horizon azur, je me prends à rêver et je vole avec les mouettes argentées loin au-dessus de la mer…

Cela fait du bien d’être éloignés de la maison. Franziska s’assied souvent en tailleur sur la plage, le regard tourné vers la mer. Une apparition tellement typique d’elle et tellement familière pour moi. Des moments où le temps s’arrête et où tout est en ordre.

Le farniente doit s’apprendre car la raison est avide de stimulations continuelles que je ne peux exécuter que de manière simplifiée ici. Je m’attarde dans ces moments et les enregistre pour les intégrer dans mon art plus tard.

La nourriture ici a l’air appétissante. Nous nous réjouissons d’y goûter mais sommes rapidement déçus. La réflexion d’une dame met les choses au point: «cela suffit pour survivre». Heureusement que nous avons trouvé un joli café qui sert des friandises allemandes typiques de la région. Cela nous adoucit les journées.

Ces quatre jours passent rapidement et je me réjouis de rentrer bientôt à Brienzwiler pour reprendre mon travail.


22.03.2013

12e commentaire

La période dans laquelle je me trouve est très particulière. Depuis janvier 2013, je travaille d’arrache-pied comme jamais. J’ai réalisé plus de 30 œuvres et pas de fin en vue. Au contraire, je suis arrivé au point où plus je travaille, plus j’ai de l’inspiration et des idées. Je les esquisse, je fais des croquis, je prends des notes et je mets tout sur papier. Choses que je n’avais jamais faites auparavant.

Que dit ma femme quand je ne pense qu’à travailler? Je le dirais de la façon suivante: Elle tire la sonnette d’alarme au bon moment et nous passons une fin de semaine ensemble dans un hôtel « Bien-être ». Je lui répète chaque fois que nous devrions faire cela plus souvent, pour notre relation, pour l’âme, pour le corps. C’est tout simplement merveilleux.

Mais à peine sommes-nous à la maison, que tout recommence. Je suis repris par le virus de l’art. Les journées passent très vite malgré le fait qu’elles rallongent. Les semaines sont bien remplies et divertissantes comme rarement dans ma vie.

Je vais bien et je suis content mais il y a une chose qui me tient à cœur: Trouver le bon équilibre dans mon travail et dans mes loisirs, pour le bien de tous.


11.01.2013

11e commentaire, Lucerne

La nouvelle année débute de façon plutôt dynamique et cela pour plusieurs raisons: d’une part il y a les commandes de clients qui doivent être achevées ou que je veux terminer. De l’autre les soleils de cristal dont j’ai toujours trop peu d’exemplaires. En plus, il y a les «tableaux sonores» dans lesquels je continue de perdre mon âme.

Les «tableaux sonores» sont des huiles peintes sur toile ou sur bois dont le thème est un morceau de musique classique. Je mets par exemple «L’Adagio en sol mineu » d’Albinoni dans mon lecteur de CD et je crée un tableau en m’inspirant de la musique. Je donne des couleurs et des formes au son en lui insufflant la vie. Un vrai plaisir des sens. Le travail et les vacances réunis: un va-et-vient, de gauche à droite et de haut en bas, violent et dramatique, plein de fantaisie fabuleuse. Clair et sombre, grand et petit, doux et beau. Ô comme je bourdonne, et comme mes mains brûlent et ont faim de couleurs à l’huile, de toiles et de pinceaux.

Comme je suis privilégié de pouvoir faire ce travail malgré les difficultés journalières comme la famille, les contacts, les finances!

Mon art n’existerait pas si ma femme ne se chargeait pas du travail administratif, du ménage et des enfants. Si elle ne s’occupait pas de coller le cristal sur les soleils de cristal, un travail tout en finesse qu’elle réalise avec précision et patience depuis de longues années.

J’apprécie beaucoup sa façon de s’occuper du train-train quotidien que sont le bureau et le ménage, travail à recommencer tous les jours. En plus, c’est ma conseillère et ma critique d’art sans complaisance pour toutes mes nouvelles œuvres. Cela m’encourage mais me fait parfois douter. Mon impatience et mon impétuosité me jouent parfois des tours. Franziska est là, équilibrée, objective et neutre. Son avis est très souvent capital pour une belle œuvre, pour un résultat affirmé et définitif, surtout pour la peinture à l’huile.

Elle a droit à toute ma reconnaissance et à mes plus affectueux remerciements.


23.10.2012

10e commentaire

Mon cœur est traversé de sentiments de bonheur pour plusieurs raisons. D’une part la vente d’un tableau de la série «Eté jaune» à une banque. De l’autre, les «tableaux sonores», fluides et clairs, qui veulent être appliqués sur la toile. La chaleur des couleurs, des formes et de la musique est en mouvement et coule au paradis.

Un sourire m’accompagne. Ce sont des journées pleines de joies et de satisfactions dans la vie d’un artiste. Ce n’est pas évident après toutes ces années jalonnées d’incertitudes, de risques et de doutes.

Cela me demande un grand effort d’admettre que j’ai besoin de reconnaissance et c’est une impasse dont je suis pleinement conscient. Je l’appelle «Les défis de la vie».

Comme être humain et artiste, je médite constamment sur mon travail, mon environnement et mon prochain, j’observe et je me pose des questions, je ressens et je m’engage. Je vis une vie, qui ne correspond pas aux attentes des autres, avec toutes ses conséquences, et c’est bien ainsi.


21.08.2012

9e commentaire, Brienzwiler

Toucher à tout est souvent satisfaisan – ou excessif, surtout pendant ces journées de canicule. L’atelier devient un sauna et la transpiration coule sur les toiles et les couleurs à l’huile. Je n’aime pas cette chaleur. Mon humeur s’en ressent. Je suis irrité et tendu.

Malgré cela, j’ai beaucoup d’idées et suis plein d’ardeur au travail. J’aime la combinaison du bois, du cristal et de l’or. Les sculptures et les œuvres murales aux mouvements fluides élargissent et rafraîchissent mon esprit. Je travaille de façon intensive et suis souvent occupé à deux ou trois œuvres en même temps. Je consacre mes matinées à la peinture et mes après-midis à la sculpture.

Après une bouillie d’épeautre comme petit-déjeuner et une promenade matinale avec notre chien Jenny, je m’accorde le privilège de mettre de la musique classique et de m’y abandonner, de me plonger avec des tons jaunes dans les sons et les symphonies et de vivre l’aventure de rendre les sons visibles. Je les appelle «tableaux sonores».

A la fin il y en aura vingt, tous dans des tons jaunes. Les trois suivants sont déjà terminés: Premier tableau: Friedrich Smetana: «Aux sources», deuxième tableau: Tommaso Albinoni: «Adagio en sol mineur» et troisième tableau: Edvard Grieg: «Le matin». Pour le quatrième tableau, je prendrai le «Menuet en la majeur» de Luigi Boccherini.

Pourquoi encore et toujours des toiles aux tons jaunes? Pour la simple raison qu’il y a encore beaucoup de jaune en moi. Il veut sortir, il doit sortir, il veut se montrer, sauvage, se cabrant, mystique, doux et silencieux comme un énorme fleuve jaune qui a besoin de se libérer – dans le cœur des gens.

Oui, dans la peinture comme nulle part ailleurs, je vis l’infinité, l’immensité et la liberté de manière extrêmement intensive.


27.06.2012

8e commentaire, Brienzwiler

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas: l’inspiration et la créativité ne sont pas toujours au rendez-vous mais plutôt l’oisiveté et le vide.

Il vaut mieux, dans ces moments-là, que je me consacre à la nature, au verger, aux fleurs des champs, aux papillons, aux abeilles, au vent et au soleil. Cela me fait du bien, m’apporte réconfort et baume au cœur.

Mes états d’âme sont comme les jours qui vont et viennent. Cet éternel recommencement envers l’art et la créativité est une longue évolution et j’espère que mes idées de s’épuiseront jamais. Mes prétentions sont probablement un peu démesurées.

Je suis fatigué et ai besoin d’une pause. Une pause envers ma femme, mes enfants, la maison et le chien, envers les couleurs et les toiles. Je vole en pensées avec les mouettes au-dessus des plages irlandaises…


27.04.2012

7e commentaire, Luzern

Il est vrai que j’ai tendance à écrire quand je vais bien. Et si j’écris, je me montre, pour ainsi dire, sous mon meilleur jour. Comme d’habitude, les personnes qui veulent en savoir plus, prendront contact  avec ma femme.

L’exposition de Pâques à Lucerne „L’été jaune“ fut une complète réussite mise à part la deuxième allocution qui fut pénible pour moi et complètement à côté du sujet. En revanche, la troisième fut parfaite: honnête, spontanée, directe et authentique, sans notes et, avec ma femme, tout simplement extraordinaire. Les gens étaient intéressés et charmés par certains tableaux. Mes doutes ont reculé lentement pour laisser la place au plaisir et au relâchement.

Une rencontre m’a beaucoup touché. Un homme qui, spontanément, a acheté une grande huile qui représente un soleil éclatant dans un ciel tout aussi ardent au dessus d’un champ de blé doré.

Je repense à ce jour où je contemplais un champ de blé et m’imprégnais du souffle dans le grain et les éléments sans savoir encore qu’à ce moment-là les premières semences de „L’été jaune“ commençaient à germer en moi.

Le soleil qui effleure la terre de son or, embrasse et trouve sa réponse dans un champ de blé cuivré. Le vent qui, par ses chuchotements, fait ondoyer les épis et ressemble à une énorme vague dans un océan doré. Oui, ce sont de vrais moments de satisfaction, de paix, d’inspiration et de joie. Puissent-ils être ressentis par tous!


22.02.2012

6e commentaire, Berne

C’est avec effroi que je constate que depuis la dernière note trois mois se sont écoulés. L’intention que j’avais, d’écrire une note par mois dans mon journal, n’a pas complètement abouti.

Dans le domaine privé comme dans celui de l’art tout fonctionne comme cela doit fonctionner. Coloré, vivant et avec encore et toujours de petites difficultés qui amènent à la réflexion et à la recherche du sens des choses. L’exposition de Gstaad a connu une fin abrupte. En deux mots, c’est toujours après coup que l’on est plus malin et un peu plus sage.

Les premiers signes du printemps apparaissent et les mésanges chantent. Je me promène avec mon appareil photo. pour prendre quelques clichés sur le vif. L’équilibre entre nature et atelier est pour moi très important et source d’inspiration. En tout lieu où mon regard se pose, je suis stimulé et les idées prennent des formes figuratives. Un état qui aussitôt apparu disparaît et dont une simple petite partie se laissera, en réalité, exprimer de manière artistique.

Cela fait du bien de savoir que les journées deviendront plus lumineuses et que le soleil d’or nous fera cadeau, dans les jours et les semaines à venir, de plus en plus de sa présence.

Je présenterai quelques toiles de „L’été jaune“ lors de la foire „Lebenskraft“ de Zürich du 1er au 4 mars 2012. Je me réjouis des réactions à venir.


30.11.2011

5e commentaire, Brienzwiler

Bien que la semaine précédente j’étais grippé et que le trajet comptait 800 km, l’exposition à Osterwald (Allemagne) a été un franc succès.

Beaucoup de monde était présent au vernissage qui a eu lieu le 6 novembre et ma rencontre avec la galeriste Maria Kalusa ainsi que les personnes qui se trouvaient là, a été hors du commun. Ils étaient chaleureux et ont fait preuve d’une ouverture d’esprit comme j’en ai rarement vécu dans ce domaine. Comme je suis toujours nerveux et fébrile avant un vernissage, ma grippe a été à ce moment là une bénédiction. J’ai pu citer calmement et sereinement un poème de Goethe et parler instinctivement de mon art. Dimanche soir, j’ai effectué le voyage de retour en compagnie de mon épouse dans un état d’esprit songeur et satisfait. Cette exposition dure encore jusqu’à fin janvier.

Je me réjouis de la suite: une exposition inattendue à Gstaad dans l’Atelier «Buch und Bild». On peut y voir quelques-uns de mes plus remarquables champs de blé de «l’été jaune». Comme certains tableaux méritent d’être mis en valeur, je leur ai fait faire des cadres spéciaux dorés à la feuille d’or. L’un dans l’autre, ils sont dignes d’être vus. Et que l’Art se porte bien!

Comment je vais malgré la grippe et la sinusite qui ne me lâchent pas? Et bien, cela ne peut aller qu’en s’améliorant…


29.10.2011

4e commentaire, Luzern

Beaucoup de travail occupe mon temps, spécialement l’exposition à Osterwald en Allemagne. Des commandes supplémentaires m’empêchent de faire ce que j’aimerais tellement faire: peindre en utilisant les tonalités de jaune. Mais mieux vaut cela que le contraire. De cette façon l’aspect matériel est réglé et mon esprit reste libre.

Ainsi, en ce moment, je mets mes tableaux jaunes en sourdine et me réjouis de jours plus calmes à venir. Je vais bien et c’est ce qui compte. L’automne a été chaud et beau et mon cœur est comblé.

Je me demande ce que je dois écrire quand le monde entier est à l’écoute et peut lire mes pensées? Que reste-t-il de vraiment important? Hmm…

Je me creuse les méninges… peut-être une pensée qui apporte de la joie: «Les fleurs sont le sourire de la terre».


02.09.2011

3e commentaire, Brienzwiler

Hélas dois-je dire, «l’été jaune» touche à sa fin, mais pas la «phase jaune». Le jour d’échéance fixé au 31 août marque aussi la fin de «l’été jaune». Au total il en a résulté 41 œuvres. Certaines me plaisent tout particulièrement comme la représentation des champs de blés ou encore la série «Supernova I-III» effectuée sur des toiles de grand format. Ce qu’il m’en reste est la prise de conscience que les tonalités de jaune m’apportent une totale détente, me réjouissent et également, en tout temps, me réconfortent. Peut-être apportent-elles aussi en moi une certaine résonnance, qui réveille une muette impatience de sérénité et de recueillement.

Qu’y a-t-il de plus poétique qu’un champ de blé mûr, qui n’est pas simplement une caresse pour le regard mais qui illumine mon être dans son ensemble? Cet éclat aura-t-il envie de m’accompagner tout au long des ces journées d’hiver à venir et à nouveau de se refléter à travers mes œuvres! Alléluia!

J’ai atteint mon objectif qui était 30 à 50 œuvres dans les tonalités de jaune. Ce fût difficile et on ne peut plus foisonnant. Il y a eu des moments où à force de travail je ne savais plus du tout par où je devais commencer. Cet état perdure. Un côté positif de cette situation est que j’en ai perdu 3 kilos.


26.07.2011

2e commentaire, Hôtel Giessbach

Comme le temps passe vite!

La période où je nage dans la couleur jaune arrive à son terme. J’ai peint quelques tableaux représentants des champs de blé ainsi que des ciels ensoleillés, je m’y suis complètement immergé et j’arrive à grand peine à m’en détacher. Je savoure ce moment de processus créatif. Il me donne, en marge des autres travaux, du sens au quotidien et de la paix intérieure. Oui, de temps à autre je vis des moments de grande clarté et de présence.

Mon but était d’avoir réuni pour fin août la totalité de mes œuvres. De ce que je peux en juger aujourd’hui, je suis à mi-parcours avec 17 peintures en cours. Je m’hasarde maintenant sur des toiles de grand format. Par toile de grand format j’utilise grosso modo un kilo de peinture à l’huile. C’est en soi une sensation de volupté de travailler avec une grosse quantité d’un matériau si dispendieux sans avoir d’arrières pensées. Je dépasse mes propres limites et mes propres conceptions tout en ayant dans mon for intérieur la certitude que tout ceci est en règle.

C’est un mois de juillet frais et pluvieux. Toutefois dans mon atelier c’est l’été, jaune et chaud. Franziska est très occupée entre les travaux de bureau, domestiques et de jardin. Noémi et David sont en vacances scolaires et veulent vivre de nouvelles expériences. Pour toute nouvelle œuvre, Ils sont à chaque fois mes premiers critiques d’Art et cela donne souvent lieu à d’intéressantes conversations et discussions.

En somme, il y a beaucoup de mouvement et de dynamisme dans notre famille. Pourquoi faut-il en plus que le père soit artiste? Sans quoi tout serait certainement plus paisible et casanier.


15.06.2011

1e commentaire, Brienzwiler

Après 25 ans de travail artistique dont 12 ans en tant qu’artiste indépendant, je me sens fatigué …Mon épouse a tenté de me dire: «Fais une pause, une «coupure» créative, repose toi» Bingo, j’ai entendu son conseil, je me suis totalement abandonné aux sentiments de détente et de récupération, je me suis en fait autorisé à souffler, à lâcher prise et à faire entrer le calme en moi.

Dans cet état de délassement, j’ai eu envie de faire de l’ordre dans mon atelier et de le nettoyer. Pendant toute la durée du rangement mes yeux n’ont eu de cesse de se fixer sur la couleur jaune. A ce moment il m’est clairement apparu : 30-50 œuvres, toutes dans les tons jaunes. J’ai commencé le jour même avec deux toiles à la peinture acrylique. «L’été jaune» était né.

Deux semaines supplémentaires se sont écoulées et j’ai complété cinq travaux supplémentaires à la peinture à l’huile. Je me sens très inspiré et plein d’allant. Je sens cette force en moi qui ne demande qu’à s’exprimer. Mon objectif est d’avoir réuni toutes les œuvres pour fin août. Suis-je encore fatigué? Non. Suis-je étonné? Oui.

P.S. Celui qui ne croit pas au Soleil, est athée.